La décision du Tribunal judiciaire de Paris du 25 juin 2026, visant à contraindre le groupe pétrolier de prendre en compte les émissions de CO₂ de ses clients vient rappeler qu’une entreprise ne peut plus ignorer les conséquences de son activité lorsqu’elle est hautement polluante, souligne l’avocate Margaux Mathieu.
Il y a une forme d’ironie à voir la justice française rappeler à TotalEnergies son devoir de vigilance au pic d’une canicule historique. Alors que les températures battent des records, le tribunal judiciaire de Paris a enjoint le 25 juin la multinationale pétrolière d’intégrer, dans son plan de vigilance, les émissions de CO₂ générées par ses clients. En d’autres termes, le juge refuse désormais d’arrêter son regard à la sortie de la raffinerie. Il considère qu’il existe un lien entre celui qui produit les énergies fossiles et celui qui les brûle.
La responsabilité climatique d’une entreprise peut ainsi s’étendre aux conséquences prévisibles de l’usage du produit qu’il distribue. Notre usage donc. C’est précisément ce qui devrait nous interroger.